La méthode SWOT est probablement l'un des outils d'analyse les plus connus dans le monde de l'entreprise.
Son principe semble simple :
Strengths : les forces de mon projet;
Weaknesses : les faiblesses de mon projet;
Opportunities : les opportunités qu'offre mon environnement;
Threats : les menaces (ou obstacle) liées à mon environnement.
On présente souvent la SWOT sous la forme d'une matrice à quatre cases.
La véritable valeur de la SWOT réside dans la démarche de réflexion qu'elle permet : mettre en relation ce que je suis capable de faire avec les caractéristiques de mon environnement afin de faire émerger des pistes de décision.
Et cette démarche ne concerne pas uniquement les grandes entreprises. Elle peut être utilisée pour toute situation où il faut choisir une orientation : développer une activité ; lancer un nouveau projet ; préparer une évolution professionnelle ; résoudre une difficulté ; préparer une négociation ; organiser un projet collectif ou personnel.
De plus, menée en atelier en mode participatif, c'est un excellent outil d'animation d'équipe à la disposition du décideur !
C'est une étape essentielle, mais souvent oubliée.
On ne réalise pas une SWOT « sur une entreprise ». On réalise une SWOT pour répondre à une question précise.
Par exemple : Comment améliorer mon activité ? Comment améliorer mon CA ? Dois-je développer une nouvelle offre ? Comment réussir une évolution professionnelle ? Quelle décision prendre face à une difficulté ?
C'est cette question de départ qui va guider toute l'analyse.
Sans objectif clair, la SWOT risque de devenir une simple liste d'informations, intéressante mais peu exploitable pour la prise de décision.
La deuxième étape consiste à caractériser :
Mes forces et mes faiblesses dans les domaines comme : compétences ; savoir-faire ; ressources ; organisation ; image ; moyens financiers ; expérience ; capacité d'innovation...
Les opportunités et les menaces comme : évolution des marchés ; attentes des clients ; concurrence ; nouvelles technologies ; réglementation ; tendances économiques ou sociales...
Le nombre de critères dépend du sujet.
Une réflexion personnelle pourra aboutir à quelques critères seulement. Une analyse plus approfondie pourra en retenir plusieurs dizaines.
C'est probablement l'étape la plus riche, et pourtant la moins souvent présentée.
La SWOT n'est pas seulement une liste de forces, faiblesses, opportunités et menaces.
Elle devient intéressante lorsque l'on confronte les critères entre eux.
On notera que ces couplages entre critères peuvent faire partie de 4 grandes catégories :
quand une force rencontre une opportunité, c'est une CHANCE à ne pas rater
quand une faiblesse croise avec une opportunité, c'est un DEFI à relever
quand une force croise avec une menace, c'est un CONFLIT à gérer
quand une faiblesse croise avec une menace, c'est un DANGER à neutraliser
Force : Une excellente réputation locale.
Opportunité : Une demande croissante pour des produits haut de gamme.
Conclusion possible : Il nous faut développer une offre premium en s'appuyant sur cette réputation.
Faiblesse : Une faible présence numérique.
Menace : Des concurrents très actifs sur Internet.
Conclusion possible : Mettre en priorité et accélérer la transformation digitale.
Avec 10 critères internes et 10 critères externes, ce sont déjà 100 rapprochements possibles.
L'objectif n'est pas de tous les retenir, mais d'examiner les associations susceptibles de faire émerger des pistes nouvelles.
Généralement, une analyse SWOT bien menée produit de très nombreuses idées.
Le travail du décideur (ou de l'équipe si le travail a été participatif) va donc maintenant consister à transformer cette matière en décisions :
regrouper les idées proches ;
supprimer les doublons ;
arbitrer les contradictions ;
hiérarchiser les priorités ;
organiser les actions par grands domaines.
On passe ainsi progressivement :
de plusieurs dizaines de constats et d'idées…
à quelques grandes orientations clairement identifiées et richement instruites
La force de la SWOT est sa simplicité.
Elle peut être utilisée :
seul, avec une feuille de papier ;
en équipe, lors d'un atelier ;
dans une petite structure comme dans une organisation plus importante.
Son efficacité dépend de la qualité de la réflexion menée.
La matrice à quatre cases n'est pas la méthode.
La méthode est le cheminement :
Une question claire → une analyse structurée → des confrontations → une synthèse → une décision.
C'est cette démarche qui fait de la SWOT un véritable outil d'aide au décideur.
Au cours de mes missions d'accompagnement, j'ai utilisé la SWOT dans des contextes très variés :
Aider une grande Direction de EDF dans l'élaboration de son plan à 15 ans
Aider une agence immobilière dont le dirigeant souhaitant mener un développement rapide à faire son plan d'actions à 3 ans
Aider une indépendante Toulonnaise à définir sa stratégie entrepreneuriale
Aider un créateur d'entreprise à bâtir son business plan (après analyse SWOT)
À chaque fois, j'ai retrouvé la même force : c'est une méthode particulièrement créative qui invite à sortir d'une vision trop centrée sur soi-même et à regarder simultanément ses capacités et les possibilités offertes par l'environnement
Elle permet de transformer une réflexion parfois confuse en une démarche structurée.
SWOT, ce peut être aussi un outil de pilotage et d'apprentissage dans le temps
Un autre avantage de la SWOT est de conserver la trace du raisonnement qui a conduit aux décisions.
Une analyse SWOT ne devrait pas être considérée comme un document ponctuel, mais comme une référence que l'on peut reprendre quelques mois plus tard pour :
analyser les écarts entre les prévisions et la réalité ;
vérifier si les opportunités identifiées se sont effectivement concrétisées ;
comprendre pourquoi certaines actions ont réussi ou n'ont pas produit les résultats attendus ;
faire évoluer les critères en fonction des changements intervenus, qu'ils concernent l'organisation elle-même ou son environnement ;
maintenir, ajuster ou revoir complètement les orientations retenues.
Ainsi utilisée, la SWOT devient un véritable outil d'apprentissage continu : elle ne sert pas seulement à décider, mais aussi à progresser dans sa manière de décider
Pour des analyses comportant un grand nombre de critères, j'ai développé avec mon fils, il y a des années, un logiciel spécifique qui facilite notamment :
la gestion des critères ;
le croisement systématique des éléments internes et externes ;
la pondération de leur importance ;
l'identification des croisements prioritaires ;
la préparation et la production de la synthèse finale.
Cet outil est une aide à la mise en œuvre. La méthode SWOT reste naturellement utilisable avec des moyens simples.
N'hésitez pas à me contacter pour en savoir plus sur cet outil adapté au travail en équipe, en présentiel comme à distance
Non. La logique SWOT est applicable à toute situation nécessitant une décision.
Elle consiste toujours à répondre à la même question : pour atteindre mon but, Comment utiliser au mieux mes capacités dans l'environnement qui est le mien ?
Un demandeur d'emploi, un président d'association, un étudiant travaillant sur son orientation à prendre, un responsable syndical voulant préparer un entretien avec un employeur (les deux pourraient même y travailler ensemble !), tous peuvent utiliser cette méthode.
Parce que l'objectif détermine les critères à examiner.
Une personne qui prépare une recherche d'emploi, une entreprise qui veut se développer et une famille qui prépare un projet de vacances n'utiliseront pas la même grille d'analyse.
Si je projette de m'installer au Canada, mes forces et faiblesses ne seront peut-être pas les mêmes que si mon projet est de créer une entreprise en France (à commencer par ma maîtrise des langues et mon gout pour le sirop d'érable)
La différence essentielle est la confrontation.
Une liste décrit une situation. La SWOT invite à une démarche dynamique, créative et décisionnelle
Elle nous aide à déterminer quelles actions deviennent possibles lorsque l'on rapproche ses caractéristiques de celles de son environnement.
Il n'y a pas de règles, et quelques critères bien choisis valent mieux qu'une longue liste peu exploitée.
Selon mon expérience, pour que l'étape 3 soit productive, il faut au minimum 5 critères de positionnement (avec au moins deux forces et deux faiblesses) et même chose pour caractériser l'environnement (5 critères dont au moins deux opportunités et deux menaces). Cela donnera 25 couplages à analyser (5 x 5), et tous n'étant pas significatifs, il ne faudra pas hésiter à mettre une, voire plusieurs conclusions par couplage retenu.
Dans une démarche approfondie, on peut cependant travailler avec plusieurs dizaines de critères.
En général, on serait plutôt de l'ordre de 10 critères de positionnement (forces et faiblesses) et 10 critères liés à l'environnement (opportunités et menaces) soit une centaine de couplages à analyser en phase 3 .
La plus grosse étude que j'ai fait, dans le cadre d'une très grande entreprise, m'a donné environ 20 critères dans chacun des 4 types, soit une matrice de 40 x 40 (1600 couplage). Ce fut exceptionnel, et nous avons du pondérer ces 80 facteurs pour ne retenir, en phase 3, que les couplages les plus significatifs.
Il existe des couplages "significatifs", c'est à dire qui ont du sens et qui vont prpobablement générer des conclusions en termes d'actions, et d'autres qui ne le sont pas, et que l'on va "classer sans suite".
Exemple de couplage non significatif :
Une faiblesse : Je parle très mal l'anglais
Une opportunité : La métropole lance un programme d'actions en faveur des créateurs d'entreprise
Mais pour savoir s'ils sont ou non significatifs, il faut tout de même leur accorder un regard !
Donc si j'ai 100 couplage, je les regarde tous, mais je n’approfondis ma réflexion que sur ceux "qui le méritent" !
Et là, il y a un risque : déclarer trop vite qu'un couplage est non significatif, c'est parfois perdre une idée très originale
Exemple rencontré chez un indépendant commercialisant des prestations de santé
Force : Je suis implanté en centre ville de Toulon
Menace : Peu de place de parking en centre ville
Ce couplage aurait pu être classé comme non significatif (on n'y peut rien, c'est comme cela !)
En réfléchissant, on a décidé d'acquérir des bpons de stationnement de deux heures auprès du parking Pereisc, le plus proche, et la personne a communiqué sur le fait qu'elle offrait à ses clients un ticketd e deux heures gratuits !
On aurait pu passer à coté !
Bon, mais si l'on a décidé de ne consacrer que deux heures à l'analyse des couplages, et que vu leur nombre, cela s'avère insuffisant, on peut ne pas tenir compte des critères les moins significatifs et réduire ainsi le nombre des couplages à analyser.
Non.
D'abord parce que généralement, il n'y a pas la bonne décision et les autres, il y a plutôt des décisions meilleurs que d'autres pour atteindre le but que l'on s'est fixé !
Ensuite parce que la SWOT aide à mieux réfléchir, mais elle ne remplace pas le décideur.
Elle permet d'associer et de confronter des éléments d'analyse et de faire émerger des pistes d'action.
Le choix final dépend toujours des objectifs, des contraintes et du jugement humain.
Oui.
C'est même un outil remarquable pour quelqu'un qui est seul, car la réflexion solitaire est un exercice très difficile.
Cependant, une réflexion collective apporte souvent une richesse supplémentaire, car chaque participant apporte une perception différente de la situation.
Si vous êtes seul, cherchez dans votre environnement une personne qui accepterait de vous faire miroir dans votre réflexion
Cela dépend du niveau d'approfondissement recherché.
Une réflexion individuelle peut être réalisée en quelques heures : moi qui suis romp à l'exercice, pour mes propres besoins, je fais cela en une à deux heures.
En général, mieux vaut fractionner le travail par étape :
1 heure pour initialiser la démarche en fixant l'objectif (pas toujours facile, dans une petite entreprise, il m'est arrivé de devoir faire 3 réunions sur ce seul sujet !)
1 heure pour réfléchir à son positionnement et à son environnement
1 à 2 heures pour analyser les couplages
et 1 heure pour synthétiser et conclure
Et si l'on fait ce travail dans le cadre d'ateliers participatifs, soit on planifie 4 réunions de 2 à 3 heures, soit on fait un séminaire bloqué d'une journée et demi (quand c'est possible, dans un bel hôtel, histoire de faire de ce moment un beau souvenir pour l'équipe)
Oui, mais aucun logiciel n'est indispensable.
Un simple tableau peut suffire.
Les outils spécialisés apportent surtout un confort lorsque le nombre de critères, de croisements et de participants devient important.